L'aide alimentaire est de plus en plus nécessaire

L'aide alimentaire a tendance à devenir une allocation permanente en nature pour les plus démunis, au même titre que l'allocation logement ou le RSA.

10/05/2011

Depuis quelques années, « on ne peut que constater que l'aide alimentaire devient une allocation permanente de ressources aux personnes en difficulté », relève Daniel Doyer.

L'étude menée par la Fédération française des Banques Alimentaires (FFBA) avec CSA met en lumière cette évolution. Ainsi, les revenus des foyers des bénéficiaires se situent le plus souvent en dessous de 1.000 € nets mensuels. Or le seuil de pauvreté est évalué par l'Insee à 950 € par mois !

 

Des travailleurs pauvres poussés vers l'aide alimentaire

La FFBA et CSA constatent encore que certains travailleurs sont poussés vers l’aide alimentaire par la précarité de leur emploi : 44% disposent d’un contrat qui n’est pas un CDI (+ 8 points), 86% de ces emplois sont des emplois à temps partiel (+ 18) et 46 % disposent d’un revenu par foyer inférieur à 1.000 euros.

 

Des retraités dans une situation préoccupante

De même des retraités s'installent dans une situation de dépendance à l’égard des Banques Alimentaires : 63% des retraités qui bénéficient des denrées des Banques Alimentaires ont un revenu par foyer compris entre 500 et 999€ nets mensuels. Fait notable, on compte de plus en plus de jeunes retraités parmi les bénéficiaires : 30% sont à la retraite depuis moins de 5 ans (+10 points). Et 47% des retraités ont recours à l’aide alimentaire depuis au moins 2 ans.

 

Les séparations et les divorces sont souvent à l’origine des difficultés

En 2006, 25 % des personnes ayant eu recours à l’aide alimentaire étaient seules avec des enfants. En 2008 et 2010, cette proportion passe à 52 % et 53 %. Encore plus flagrant, si en 2008, 47 % des personnes accueillies étaient divorcées, séparées, veuves ou célibataires, cette proportion dépasse aujourd’hui 72 %.